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Tableau de la crucifixion :

Description : Tableau de la crucifixion
Huile sur bois, appartenant à un retable aujourd'hui disparu,il occupait le sommet central. Sous le balancier de la croix, la composition s'organise en 2 groupes symétriques: à gauche, les Stes femmes et St Jean sont rassemblés sous Dilmas, le bon larron; à droite, un groupe de soldats, parmi lesquels Longin le porte-lance, s'agglutinent sous la croix de Gesmas, le mauvais larron. Un second plan décrit un
paysage vallonné, parcouru d'un chemin marqué de fondrières. Dans le fond du tableau,une cité fortifiée, bordée d'un fleuve, sous un horizon clos de montagnes.
Cette scène de crucifixion a été peinte à l'huile sur bois après une préparation des fonds à l'aide d'un enduit à base de plâtre et de colle. L'œuvre est en assez bon état, si l'on excepte une crevasse assez profonde dans le quart gauche. Elle n'a pas été encore attribuée formellement, mais nous pouvons penser à un peintre perpignanais du dernier quart du XVe siècle, connaissant à la fois la peinture italo-gothique catalane, et ce, dans un Roussillon occupé par les armées de Louis XI pendant une trentaine d'années, et donc soumis à l'influence de la France et de l'Europe du Nord.

C'est ainsi que l'œuvre pourrait se trouver à la confluence de plusieurs traditions: la miniature française d'une part, incamée dans le paysage en arrière plan; la peinture catalane, présente dans le groupe des saintes femmes; et enfin le style des écoles flamande et allemande, présent dans le Christ, les larrons, et surtout le groupe des Romains et des Juifs, sur la droite.

Le Christ, tout d'abord, constitue l'axe de symétrie du tableau : cloué sur la croix en forme de T, il est auréolé d'un nimbe stuqué, doré à la feuille, la tête penchée sur le côté portant la couronne d'épines. Le corps est maigre, étiré en longueur. Un seul clou, au bas, traverse les deux pieds maintenus en forme de palme. Le sang coule du côté droit, passant sur le périzium (linge drapé autour des reins), pour aller s'étaler presque en relief au pied de la croix. Le périzium, court et presque transparent, présente une extrémité flottante en forme d'oméga.

A la droite du Christ(sur notre gauche), le groupe des saintes femmes est auréolé de nimbes stuqués dorés, typiques de la peinture catalane du XVe siècle; dont la Ste Marie Madeleine aux longs cheveux et le St Jean présentent les visages plats, paisibles, travaillés en modelé. La Vierge entrant en pâmoison et Ste Marthe auraient pu être retouchées ultérieurement. Leur manteau brodé d'orfrois, d'un plissé plus travaillé, procède d'une tradition différente.

Les personnages du groupe des Juifs et des Romains s'inscrivent, eux, dans la pure tradition des écoles allemandes. Le premier centurion, en armure , est coiffé d'un chapeau à plume, pointu, nez et barbe également pointus en dessous, et tient à la main , non plus une lance pour percer le flanc du Christ, mais un hallebarde. Quant au second, portant l'éponge et le récipient du fiel et du vinaigre, il est vêtu d'un curieux costume multicolore d'une invraisemblable cuissarde à raies et à chevrons, la tête coiffée d'un bandeau flottant au vent. Les deux rabbins eux, se voient affublés, l'un d'une mitre et d'un turban, l'autre d'un voile et d'un rabat. Le côté sinon grotesque du moins anachronique des costumes, leur couleurs criardes contribuent à les tourner en dérision.

Derrière les Romains, le larron Gesmas, futur damné, a le corps complètement renversé en arrière, la barbe pointant vers le ciel; alors que Dismas baisse la tête en signe de repentir. Tous deux sont également attachés sur des croix en T. les murailles de Jérusalem sur décor de montagne bordé d'arbres, évoquent la tradition de miniatures des livres d'Heures. Le paysage vient apporter une note apaisante à la douleur présente au premier plan.

Tout, dans l'œuvre , témoigne d'une maîtrise parfaite de la couleur. La gamme est étendue, les couleurs vives et contrastées. Quant à la technique picturale, les compositions des différents groupes sont savamment ordonnées en symétrie autour de la Croix, mais bien équilibrées, campées dans le déc en lui donnant une indiscutable profondeur.

L'ensemble témoigne d'une qualité artistique majeure, celle d'un artiste tout-à-fait intégré dans l'art de son époque.

 

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